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Paris Healthcare Week 19

Paris Healthcare Week 19

Ce salon parisien, c’est un peu le festival de Cannes des professionnels de la santé !

Selon les chiffres officiels, pendant 3 jours, ce sont pas moins de 30 000 visiteurs et 850 exposants qui se donnent rendez-vous pour parler business, développement, data, transformation du système de santé et innovation.

Comme chaque année, les stands vont rivaliser d’ingéniosité pour être remarquables. Nous allons manger, boire et trinquer. Les experts vont nous noyer dans un océan de chiffres, d’études, d’objectifs, de résultats, de modèles économiques, de ratios… Et nous allons oublier l’essentiel : l’humain !

L’humain, que ce soit le patient ou le personnel soignant, doit être au coeur de nos préoccupations. Pourtant, c’est un constat que je regrette, en tant que principaux concernés, ce sont souvent les principaux oubliés de ces grands événements.

Au cours de ces 3 jours, nous allons rencontrer de nombreuses personnes, nouer des contacts, séduire des prospects et essayer de « rentabiliser » ce déplacement mais j’aimerai que l’on s’arrête un peu afin que l’on se pose la bonne question !

 

De quoi notre système de santé a-t-il réellement besoin ?

Si on applique une analyse purement statistique du dernier baromètre Santé 360, la réponse est rien ! Le constat exprimé est plus que positif. Les Français ont une bonne image des établissements de santé publics comme privés et de la qualité des soins prodigués. C’est une bonne nouvelle ! Notre système de santé fonctionne. Il est à améliorer certes mais il fonctionne. D’ailleurs, nous sommes les champions d’Europe de la satisfaction patient avec une longueur d’avance de 10 points sur nos voisins européens.

Malheureusement, ces bons chiffres sont noyés et très peu commentés ici par les professionnels. Je suis un éternel optimiste et je me réjouis des résultats de cette étude car le patient et le personnel soignant sont au centre de nos préoccupations chez Navailles.

Alors oui, notre système de santé fonctionne. Oui, les patients sont satisfaits de la qualité des soins et d’accueil de nos structures. Oui, nous sommes Champions d’Europe de la satisfaction patient. Oui, d’énormes chantiers sont à mener pour transformer le système. 

Des reformes sont à construire de manière urgente. Des reformes pas seulement structurelles, économiques et territoriales. Des reformes humaines qui prennent en comptent la qualité de vie, la qualité de soins et les responsabilités des centres médico-sociaux.

 

La réforme du système de santé

Le président Emmanuel Macron et la ministre Agnès Buzyn ont dévoilé leur plan hôpital pour reformer le système de santé en France. Une série de 50 mesures annoncées pour opérer une réorganisation complète de l’hôpital avec le patient au centre de cette réflexion. Je réponds : Chiche !

Le système de soins en France n’est pas une entité abstraite. Il est composé d’hommes, de femmes, d’étudiants, de docteurs, de spécialistes, de personnel soignant, de personnel administratif, d’infirmiers, de brancardiers, d’agents d'entretien… qui, dans l’ombre, au quotidien, donnent le meilleur d’eux-même pour soigner les patients, rendre le système efficace et améliorer son fonctionnement. Maintenant, il faut les aider, les équiper et les former pour leur permettre de gagner en efficacité.

 

Et les patients ?

Ma réponse est claire. Le patient doit être au centre de la transformation de l’hôpital. Le patient mais pas seulement. Son bien-être également. Un patient ne doit plus se résumer un cas, une maladie, un parcours ou un simple numéro de dossier. Il doit être considéré comme une personne vivante, capable de ressentir et d’exprimer des émotions.

Le confort et la sensation de confort sont au centre de notre réflexion pour la création d’un nouveau fauteuil médical. Nos sièges répondent à des besoins spécifiques qui varient selon les pathologies et doivent apporter des réponses concrètes à des questions simples :

  • Comment le patient va utiliser notre siège ?
  • Est-il intuitif et facile à utiliser ?
  • Assure-t-il un confort optimum ?
  • Favorise-t-il son bien-être tout au long de son parcours ?
  • La qualité d’assise est-elle optimale quelque soit les situations rencontrées ?
  • Quelles fonctionnalités et accessoires développés pour répondre à ses besoins réels d’utilisation ?

Nos équipes sont en lien permanent avec les équipes médicales sur le terrain pour faciliter la circulation et le retour des informations. Ce lien est essentiel et précieux afin de faire évoluer nos produits, développer de nouvelles fonctionnalités ergonomiques et continuer à innover pour le bénéfice du patient.

 

Une double vision de l’ergonomie.

C’est l’une des particularité de nos sièges médicaux. Ils ont une double utilisation. En usage par le patient et en utilisation pour le personnel soignant. C’est toute la complexité de la double ergonomie à laquelle doit répondre nos équipes :

  • Comment ce siège sera utilisé ? Dans quel environnement, quel service et pour quelles utilisations ?
  • A quels besoins spécifiques répond-il?
  • Notre fauteuil est-il pratique, fonctionnel et facile à entretenir ou à nettoyer ?
  • Dans quelles mesure il facilite l’administration et la qualité de l’administration des soins ?
  • Les fonctionnalités développées diminuent-elles les risques de troubles musculo-squelettiques du personnel soignant ?
  • Comment notre fauteuil s’intègre dans le parcours de soins ?
  • Est-ce qu’il participe à l’amélioration de l’humanisation des dispositifs médiaux ?

Nous avons une grande responsabilité. Toute notre réflexion est axée autour de cette expérience d’utilisation et des avantages de nos solutions. Un fauteuil médicalisé n’est pas un simple support ! C’est un dispositif médical complet qui joue un rôle prépondérant dans notre système de santé. C’est un également un outil de travail et le lien entre le patient et le personnel soignant. Là où sont administrés les soins. Là où la convalescence débute et où le repos est nécessaire.

Nous intégrons l’ensemble de ces données dans notre réflexion. C’est un maillage complexe qui répond à des cahiers des charges précis, des préconisations techniques, usuelles et sanitaires. Mais le plan présenté par le gouvernement oublie deux données essentielles : les valeurs et le financement du système !

 

RSE

3 lettres qui désignent tous les enjeux sociaux, sociétaux, économiques et éthiques de notre modèle collectif. Cet acronyme doit engager notre responsabilité à tous, en tant que fabricant bien sur mais également en tant qu’acheteur, consommateur, utilisateur et citoyen… Des engagements aujourd’hui compromis par la réalité économique et budgétaire.

Comment continuer à développer des innovations qui vont dans le sens de l’amélioration du système de santé sans un soutien des politiques d’achats ?

Toute cette recherche et développement autour de l’ergonomie, de solutions durables et de réduction des risques de TMS pèse lourd et nécessite des investissements coûteux à long terme.

Ces investissements participent pourtant au rayonnement international de notre système de santé et de notre industrie. Ils concrétisent également la volonté de créer un monde plus responsable, éthique, humain et durable.

Ces ambitions doivent être portées par des politiques d’achats fortes qui permettent aux fabricants de rentabiliser leur travail et leurs investissements.

Derrière ces lignes d’investissement se cachent une réalité économique. Des entreprises, des industries, des emplois, des territoires, des hommes et des femmes qui défendent un savoir-faire et qui parfois se délocalise.

C’est l’alerte et l’appel que je lance aujourd’hui, en ouverture de cette édition 2019 de Paris Healthcare Week. Cette dichotomie nous pousse dans une réalité financière compliquée à gérer et éloignée des ambitions affichées.

L’humain doit être au centre de la réforme du système de santé. Le patient bien évidemment mais pas seulement. Il ne faut pas oublier l’ensemble de l’éco-système dont les entreprises qui participent activement à cette transformation et à la mise en place de l’hôpital de demain. Celui dont nous rêvons tous.

 

Christophe Michaud

Président de Navailes